Découverte // Rencontre avec Vincent Zenzel, photographe

Découverte // Rencontre avec Vincent Zenzel

En ce début d’année, nous avons rencontré Vincent Zenzel, jeune et talentueux photographe parisien en devenir. French Saucisse s’est intéressé à son travail, à ses projets et à son intérêt pour l’humain depuis le haut des toits. Véritable passionné, il trouve son identité dans ses passions circasiennes. Rencontre vertigineuse.

Propos recueillis par Alison Bigourie – Photographies par Vincent Zenzel

ALISON BIGOURIE Vincent, quel est ton parcours ? Comment es-tu tombé dans la grande matrice de la photographie ?

VINCENT ZENZEL Mon parcours est assez simple : j’ai commencé la photographie en 2009, il y a déjà 7 ans. Intéressé et amoureux des gens dans la rue, je sortais capturer leurs émotions, leurs sens, leurs ressentis : une femme pleurant sur le quai d’un métro, la main d’un homme offrant aux oiseaux le pain qu’il n’a pas… Mon envie était, comme aujourd’hui, de laisser l’homme être et exister dans le temps.

AB Tires-tu ton style si particulier de certaines personnes ou inspirations ?

VZ Mon univers est la composante de mes découvertes, de mes rencontres et de mes voyages. Je puise mes photographies dans le vrai, dans ce que j’observe du monde. Acey Harper et Bertil Nilson sont des photographes qui m’ont ouvert le chemin du noir et blanc face aux corps en mouvement. Alexandre Rodchenko m’a apporté la compréhension de l’art par la photographie.

AB Tu travailles beaucoup avec la French Freerun Family. Comment les as-tu rencontré ?

VZ C’était en 2011. Intéressé par la photographie de mouvement, je les ai contactés afin de travailler sur le mouvement et l’expression de la personne dans le mouvement. Le travail était compliqué mais très intéressant. J’ai donc décidé de continuer à expérimenter avec eux et leur agence, La fabrique royale, cet univers où l’œil observe le monde différemment.

Découverte // Rencontre avec Vincent Zenzel

AB Quelle est la plus belle rencontre que tu as faite en pratiquant la photographie ?

VZ Sans hésitations, je pense à Michael. Michael est un SDF vivant aux alentour de javel. Cet homme m’a appris énormément de choses en trente petites minutes… Lorsque je l’ai rencontré, il ne souvenait plus si son prénom se prononçait Michael ou Mi-ael. C’était un choc : cet homme ne savait plus énoncer son prénom. Ainsi donc, il perdait la possibilité d’exister dans le temps. J’ai voulu photographier ses mains, puis il m’a dit que c’était pour lui un signe de respect, comme de la littérature, une magnificence. J’ai compris alors que la photographie lui avait permis d’exister à cet instant « t ».

AB As-tu des projets pour la suite ?

VZ J’aimerais construire une équipe de photographes avec qui je pourrais travailler. Je voudrais aussi commencer à créer mes propres court métrages… Je souhaite continuer d’exprimer aux gens ce qui me passe par la tête, ce que je vois du monde qui nous entoure.

AB Quelles émotions espères-tu provoquer chez le spectateur lorsqu’il visionne tes photographies ou tes vidéos ?

VZ J’aimerais que le spectateur me dise : « merci de m’avoir montré cela pour m’aider à avancer. »
Nous sommes ici dans une utopie n’est-ce pas (Rires.) ?

AB Dans le beau monde de la photographie, comment te places-tu vis-à-vis de tes contemporains ?

VZ Mmmm… Je n’ai jamais cherché à me placer : j’observe, je prends et je remercie. Le « beau » dépend de qui est spectateur. Néanmoins, en tant qu’artiste je me sens enfermé et je demande aujourd’hui une certaine liberté… Il faut sentir l’art, sentir le couple entre l’homme et son appareil et laisser vivre ces émotions.

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Pour en savoir plus sur Vincent Zenzel : Facebook | Site Web

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